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Première journée de l’hépatite : Le Bénin en croisade contre les Hépatites

Première journée de l’hépatite : Le Bénin en croisade contre les Hépatites (Le professeur Kodjoh parle des modes de contamination de la maladie)
Pour la toute première fois, le Bénin a connu, le lundi 30 septembre 2013, au Palais des Congrès de Cotonou, la journée de l’hépatite. Cette initiative du professeur Nicolas Kodjoh, point focal de l’initiative panafricaine de lutte contre l’hépatite (Iplh), a permis de sensibiliser sur ces maladies plus ravageuses, après le Sida. Cette journée d’information, d’éducation et de communication a été organisée par le laboratoire Cerba de Paris et l’unité d’Hépato-gastroentérologie de la Faculté des Sciences de la Santé, en collaboration avec l’unité de Santé Publique et Epidémiologie. Dans cet entretien, le professeur Nicolas Kodjoh parle du mal, ses modes de contamination, les facteurs de risque et, les mesures de prévention contre les hépatites.

Professeur Nicolas KO-DJOH, en tant qu’initiateur de la première journée de l’hépatite au Bénin, dites-nous les motivations qui sous-tendent cet événement ?

Le Monde paie un lourd tribut aux hépatites. Il urge se lever pour aller contre ce mal. L’objectif général de la journée est de sensibiliser la population générale, la Société Civile et les professionnels de la presse sur l’hépatite virale B. Les objectifs spécifiques sont de résumer les principales fonctions du foie et les signes de la maladie, de citer les modes de contamination, d’énumérer les populations à risque, d’énoncer les possibilités thérapeutiques et de décrire les mesures de prévention.

En fait, qu’est ce que s’est que l’Hépatite ?

L’hépatite est une inflammation des cellules du foie. Elle peut être causée par des produits toxiques, une consommation excessive d’alcool, certains médicaments, une obésité, un trouble du système de défense de l’organisme. Mais au Bénin, elle est essentiellement due à des virus dénommés A, B, C, D, E. L’hépatite est appelée « aiguë » au moment du contact de l’organisme avec le virus de l’hépatite. L’hépatite est dite « chronique » quand elle persiste au-delà de six mois après l’infection initiale de l’organisme par le virus. Seuls les virus B, C et D peuvent provoquer une hépatite chronique. Les virus sont des agents infectieux (microbes) de très petite taille qui ont besoin de cellules vivantes pour se multiplier.

Pourquoi donc cette journée ?

L’hépatite est un problème mondial de Santé Publique. Le monde paie un lourd tribut aux hépatites. Deux milliards de personnes ont une infection ancienne ou présente par le virus de l’hépatite B dans le monde. On dénombre 350 millions de porteurs chroniques. 950 000 personnes meurent chaque année d’hépatite dont 600 000 pour l’hépatite B et 350 000 pour l’hépatite C (source OMS). Les chiffres estimés de mortalité pour les 4 priorités de santé publique au niveau mondial (estimations relevées en août 2013, source OMS) sont : VIH : 1 800 000 (2010, OMS) ; Tuberculose : 1 400 000 (2011, OMS) ; Hépatites : 950 000 (600 000 pour l’hépatite B et 350 000 pour l’hépatite C, OMS). Paludisme: 660 000 (2010, OMS). Aujourd’hui, l’hépatite tue plus que le paludisme dans le monde. L’autre intérêt, les prévalences des hépatites renseignent que plus de 8 % de la population pour l’hépatite B et plus de 5 % pour l’hépatite C, soit au total plus de 1 300 000 personnes ou 1 Béninois sur 8, ont le virus d’hépatite. Les malades sont exposés aux complications tardives de la maladie : la Cirrhose et le Cancer du foie, l’un des cancers les plus fréquents au Bénin, et l’une des premières causes de décès par cancer dans notre pays.

Parlons maintenant des signes cliniques. Comment se manifestent les hépatites ?

Parlant des signes cliniques des hépatites, nous avons l’infection aiguë. Dans 80 % des cas : aucun signe; le malade ne sent rien et ne se plaint de rien. Dans 20 % des cas : mêmes signes que le paludisme ou la grippe. D’où l’intérêt du dépistage par un test sanguin pour mettre l’infection en évidence. S’agissant de l’évolution de l’hépatite aiguë. L’élimination du virus par le système immunitaire, le taux de guérison dépend de l’âge au moment de la contamination. Quand cela passe à la chronicité, on parle d’hépatite chronique. Dans la plupart du temps, l’infection passe inaperçue. La principale manifestation possible est un état de fatigue prolongée et inexpliquée. La majorité des malades ignorent leur maladie, qui peut se révéler 20 à 30 ans plus tard par des complications qui peuvent être la cirrhose ou le cancer du foie. Le risque d’être porteur chronique en fonction de l’âge au moment de la contamination est la suivante : 90% des sujets infectés à la naissance ont le risque de passer à la chronicité. 80 % des sujets de 1 à 6 mois, 60% pour les sujets de 7 à 12 mois, 35% des sujets de 1 à 4ans et 10% des adultes, ont la malchance de passer à la chronicité. Parlant toujours de l’évolution de l’hépatite chez l’adulte, 90 % des sujets infectés vont éliminer le virus et guérir (sans aucun traitement) et 10 % vont garder le virus et développer une hépatite chronique. Chez l’enfant, le taux de guérison est d’autant plus faible que l’enfant est jeune et, le risque de développer une hépatite chronique est d’autant plus élevé que l’enfant est jeune; il est maximal (90 %) à la naissance.

Quels sont les modes de contamination et ou trouve-t-on le virus de l’hépatite B ?

Le virus B est présent dans le sang dans les sécrétions biologiques de l’organisme: la salive, le sperme, les sécrétions vaginales, la sueur, les lésions suintantes de la peau, le lait maternel. L’on peut être infecté si l’on n’est au contact avec du sang infecté. Les autres modes de contamination se passent lors de la transfusion de sang ou de ses dérivés, le partage d’aiguilles d’injection parentérale avec des personnes infectées. L’on peut citer les actes entrainant une effraction cutanée avec du matériel souillé: rasage, tatouage, scarifications, piercing, acupuncture, circoncision non médicalisée, excision. Comme modes de contamination, il y a :

– Partage de brosse à dent, rasoir, ou autres objets personnels similaires avec une personne infectée.
– Piqûre accidentelle par une aiguille souillée par du sang contaminé (personnel de santé)
– Transmission horizontale
Contact avec les sécrétions biologiques d’une personne contaminée (en cas de lésion cutanée ou muqueuse).
– Transmission sexuelle
Rapport sexuel non protégé avec une personne contaminée
– Transmission verticale
Se fait de la mère au nouveau-né (accouchement, allaitement, soins de maternage…)
Pourriez-vous alors nous dire les populations à risque ?
Première journée de lutte contre les hépatites au Bénin

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